formation; vae ; périmètre

now browsing by tag

 
 

Comment réussir sa reconversion professionnelle

reconver

Nous sommes nombreux à envisager la reconversion professionnelle pour des raisons aussi diverses que personnelles. Mais franchir le pas n’est pas évident et, bien souvent, on ne sait quel chemin emprunter pour entamer ce processus.

La reconversion professionnelle est souvent contrainte, consécutive à la perte d’un emploi. Mais elle peut également être le fruit du constat d’un décalage entre votre situation actuelle et ce que vous attendez de votre engagement professionnel. Quoi qu’il en soit, elle n’est que rarement un accident de parcours car elle a des causes identifiables et souvent prévisibles.

Se poser la question c’est ressentir le besoin de changement. Il reste à déterminer comment prendre un nouveau départ.

« Réussir sa reconversion, c’est une question de compétences et de motivation, mais également d’humilité et de sérieux », explique Xavier Bonduelle, Président de l’Institut du Management Des ressources Humaines (IMDRH). Et d’ajouter : « Il s’agit de compétences, parce qu’une reconversion ne souffre pas d’improvisation. Il s’agit aussi de motivation, car on ne se lance pas dans un projet par défaut, mais par envie. Et une reconversion est un projet de vie.»

reconver
On vit dans un monde concurrentiel, y compris à l’intérieur de l’entreprise. Avoir envie, avoir des idées, avoir un projet … ne suffisent pas à faire de nous des experts.
Par contre, à côté de nous, dans le nouveau métier que nous allons aborder, il y aura des collègues (aussi des concurrents) qui auront l’expérience qui nous fait défaut et pas forcément de bienveillance à notre égard. Formez-vous, c’est le meilleur moyen d’acquérir de l’expérience qui vous manque sans vous faire croquer tout de suite !

Pour ceux qui se reconvertissent tout en restant salariés, il est capital qu’ils optent pour des formations qui conjuguent innovation et pragmatisme, notamment des formations en alternance. Il y a en effet deux moyens de faire la différence pour le candidat à la reconversion : être capable de faire bien tout de suite et être capable de mettre en place des solutions nouvelles qui séduiront son nouvel environnement professionnel.

Il est capital de compenser le manque d’expérience dans le nouveau domaine par un accompagnement avant et pendant la reconversion. Cela suppose une vraie humilité de la part de la personne en question, et un sérieux accompagnement de la part de l’encadrant.

Ce sont deux facteurs qui manquent parfois à ceux qui se reconvertissent pour un métier indépendant : commerce, restaurant, consulting… La franchise est de ce point de vue un excellent moyen de pallier ces écueils dès lors que le franchiseur est réputé actif dans le développement de ses franchisés.

L’expérience de la reconversion professionnelle volontaire, à la fois individuelle et sociale, prend aujourd’hui une place grandissante dans le monde du travail. Individuelle, parce qu’elle appartient en propre à l’individu qui en est le seul initiateur. Sociale, parce qu’elle concerne des univers sociaux multiples, et que le surinvestissement de la valeur du changement la place au centre des questions sur l’emploi et la formation.

Indicateur important des transformations sociales des rapports entre « individu et société », la reconversion professionnelle volontaire montre un individu aux prises avec des contraintes sociales fortes qu’il tente de résoudre afin de dégager des ressources pour agir sur son existence toute entière. D’où l’importance de la réussir pour avancer dans la vie au même rythme que ses désirs profonds.

L’utilisation du numérique au travail laisse l’humain au cœur des organisations

emotionheader5800445537

Les nouvelles technologies favoriseraient le bien-être et la performance au travail tout en laissant l’humain au cœur des organisations.

emotionheader5800445537

La présence physique au bureau est une pratique dominante, bien que le télétravail emporte de plus en plus d’adeptes.

  • 72% des français sont convaincus que le bureau va continuer d’exister
  • Si 97% des salariés estiment travailler un minimum de temps au bureau, 61% d’entre eux y consacrent 75% de leur temps de travail

Les salariés sont plus concentrés au travail, quel que soit l’endroit où ils l’exercent, ils se disent plus attentifs et animés par un sens du résultat.

  • Pour 56% des personnes interrogées, travailler depuis chez elles comporte plusieurs atouts : moins de stress (50%), moins de fatigue et d’inconvénients liés aux transports (39% utilisent moins leur voiture), davantage de sommeil (27%)

  • Ainsi 71% des français adoptent volontiers le télétravail

Le numérique est bénéfique au bien-être au travail

Si les outils technologiques à la disposition des salariés se développent et rendent la frontière entre vie privée et professionnelle perméable, l’infographie révèle aussi que ces nouvelles possibilités accompagnent une qualité de vie au travail.

  • Pour 47 des salariés français, disposer de ces technologies constitue un argument positif
  • 44% des employés utilisent leurs propres terminaux à des fins professionnelles

L’humain demeure au cœur des organisations, le numérique ne lui prendra pas ce rôle

Malgré tout, les évolutions technologiques ne remplaceront pas les humains au travail, et cette infographie devrait renforcer la confiance des salariés dans leur avenir professionnel. La technologie ne peut se substituer aux expertises des salariés et remplacer les échanges IRL (In Real Life). L’URL n’est qu’un complément, et 60% des employés français restent persuadés de leur valeur ajoutée opérationnelle.

  • 39% des professionnels admettent communiquer en ligne avec leurs collègues et 26% d’entre eux, seulement, voient dans le numérique une contribution à leur productivité

  • En revanche, les personnes sondées sont enthousiastes concernant les perspectives que la technologie peut développer : la reconnaissance vocale à 94%, gestuelle à 89%
  • De nouvelles fonctionnalités ou usages sont évoqués : les voitures sans chauffeur par 79%, des traducteurs universels intégrés d’office pour des échanges internationaux en temps réel pour 94% ou des logiciels de correction automatique de base pour 92%
  • 53% pensent même que la forme holographique remplacera leur présence physique au bureau

Hakima Seffih a accepté de témoigner sur son expérience avec l’association ADVAE du cabinet VAE Les 2 Rives

La VAE, c’est un pas que je souhaitais franchir, il y a déjà bien 10 ans. Mais je ne me sentais pas capable de concilier vie professionnelle, vie personnelle et VAE.

J’ai quitté le cursus scolaire en classe de première L et n’est donc pas eu mon BAC.

En mai 2014, je fus licenciée pour motif économique et je me suis décidée à franchir le pas.

La démarche avec l’ADVAE a commencé en juillet 2014 et s’est déroulée très rapidement. J’ai eu mon BTS Assistant de Manager le 10 février dernier avec les félicitations du jury.

Je voudrais remercier Anne Huguet qui a été très présente tout au long du chemin. Elle a su me guider dans mes choix, elle m’a parfois bousculée, cela a été difficile mais j’avais besoin d’un accompagnement soutenu. Elle m’a complètement aidé dans mon orientation, les échéances à tenir dont je n’avais pas connaissance initialement, elle m’a indiqué à qui je devais m’adresser pour les inscriptions mais aussi dans mes recherches.
Par ailleurs, c’était important pour moi de recevoir les encouragements et de sentir le soutien constant de mes enfants, mon mari et mes amis.

La flexibilité dont a fait preuve ma consultante m’a permis de concilier la VAE avec la recherche d’emploi. Cela a très bien fonctionné car nous nous sommes adaptées à nos contraintes respectives ; on travaille les week-ends, on se lève plus tôt le matin et on travaille plus tard le soir.

A la suite de cette expérience, j’ai retrouvé un poste d’assistante de direction dans mon secteur d’activité qui est la post-production audiovisuelle.

Jules Apénuvor au séminaire « Jeunes chercheurs » du Laboratoire C3S à Besançon

©AmauryBrac-LesDeuxRives-15-04-15-1

©AmauryBrac-LesDeuxRives-15-04-15-1

Aujourd’hui, mercredi 20 mai, a lieu la deuxième session du séminaire  »Jeunes chercheurs » du Laboratoire C3S (Culture, Sport, Santé, Société) de l’Université de Franche-Comté, à Besançon pour l’année 2015.

Ce séminaire, porte sur « L’engagement et ses différentes figures », et donnera lieu à la publication d’un ouvrage collectif.

Les interventions seront réparties selon quatre thèmes : « L’engagement politique et citoyen », « l’engagement personnel », « l’engagement sportif » et pour finir, « l’engagement, les organisations et territoires ».

Jules Apénuvor est responsable recherche et développement chez VAE Les 2 Rives.
Au cours du premier thème, il présentera une communication intitulée : « Les obstacles au maintien de l’engagement dans une démarche de VAE. Une étude de cas de candidats accompagnés par le cabinet VAE Les 2 Rives ». Il s’agit des résultats d’une étude que Jules a menée auprès d’anciens candidats et de consultants du cabinet.

Diplôme, une arme contre le chômage et la précarité ?

diplome

Dans un marché du travail dont l’accès est devenu problématique, la détention d’un diplôme constitue une protection non-négligeable contre le risque du chômage.

L’entrée dans le monde du travail est facilitée par le diplôme, qui permet souvent une insertion plus rapide. Le risque de la précarité est, évidemment, lui aussi lié au niveau de formation.

Par ailleurs, le niveau de diplôme a aussi une forte influence sur les niveaux de rémunération : selon certaines études, une année d’études supérieures entraînerait entre 5 et 15 % de revenus supplémentaires.

On peut donc considérer que la recherche d’une qualification professionnelle par la poursuite des études s’apparente à un investissement dans le capital humain qui se révèle rentable.

 

diplome

 

 

 

Quel périmètre pour l’accompagnement VAE?

formation-coaching

L’importance de l’accompagnement dans la réussite d’un projet de validation des acquis de l’expérience semble aujourd’hui faire l’unanimité auprès des acteurs et des bénéficiaires du dispositif. La question fondamentale porte cependant sur le périmètre qu’il devrait couvrir dans le parcours de validation. À quel moment en effet commence (ou devrait commencer) cet accompagnement ? Peut-on, comme semble le concevoir le législateur, le fixer après l’obtention de la recevabilité et, dans ce cas, occulter tout le travail effectué en amont ? Ou au contraire, s’inscrire dans une vision plus globale qui positionne l’accompagnement dès le début du parcours ?

 

Déjà amorcé par la circulaire DGEFP n°2006-19 du 20 juin 2006[1], le positionnement de l’accompagnement après la recevabilité pourrait être davantage affirmé par le futur décret d’application de la loi n°2014-988 du 5 mars 2014 relative à la formation professionnelle, à l’emploi et à la démocratie sociale. Ce projet de décret mentionne, dans son article R.6423-2, que l’accompagnement « intervient, dans le parcours du candidat, après la recevabilité de son dossier de demande de validation jusqu’à la date d’évaluation par le jury et peut être étendu, en cas de validation partielle jusqu’au contrôle complémentaire prévu à l’article L. 335-5 du code de l’éducation». Tout le travail réalisé avant cette étape, et dont tout professionnel de l’accompagnement connaît la nécessité et le rôle dans la réussite des phases ultérieures, se trouverait ainsi occulté ou réduit à peu.

Cette note milite en faveur d’une vision globale de l’accompagnement, qui ne saurait être conçu autrement que comme un continuum allant de l’information initiale à l’après-jury, et passant successivement par le diagnostic, l’identification du diplôme et du certificateur, le montage du dossier de recevabilité, la rédaction du dossier d’expérience et la préparation au jury.

Partant d’une présentation des différentes étapes du parcours de VAE, notre analyse se focalise sur les phases situées en amont de la recevabilité, en mettant notamment l’accent sur leurs exigences intrinsèques. Elle aborde également les risques d’une vision cloisonnée du parcours de validation, marquée par une distinction arbitraire entre les activités susceptibles d’être accompagnées et celles qui ne le seraient pas.

Au-delà de l’information, le diagnostic 

La démarche globale pour la réalisation d’un projet de VAE pourrait se décliner en 5 étapes, de l’information/orientation au post-jury en passant successivement par la recevabilité, la rédaction du dossier d’expérience et le passage devant le jury.

L’information et l’orientation sont généralement assurées par les structures publiques comme les Points relais (PRC, PRIC, etc.) qui fournissent une information de premier niveau, donc générale, sur le dispositif (parcours, acteurs, possibilités de financement, etc.). Ces renseignements sont également apportés par les organismes de certification qui proposent des réunions d’information à leurs futurs candidats.

Les séances d’information peuvent être suivies d’entretiens individuels visant à accompagner le candidat dans l’identification d’un diplôme et d’un certificateur, et la préparation du dossier de recevabilité. Cela n’est cependant pas automatique. On notera d’ailleurs que dans la pratique, ce travail se limite essentiellement à l’information et ne porte que très rarement sur une confrontation du candidat à son projet aux points de vue administratif, pédagogique, financier, et en termes de disponibilité.

Cela suffit-il pour soutenir la motivation du candidat qui découvre généralement un dispositif complexe avec une multitude d’intervenants ? La réponse semble négative, au regard des données concernant les déperditions de candidats durant le parcours de VAE.

Le rapport Besson[1] faisait déjà état, en 2008, d’une déperdition de l’ordre de 60% entre les personnes qui s’informent chaque année sur la VAE auprès des organismes officiels et ceux qui déposent leur dossier de recevabilité. Ainsi, sur 200 000 personnes, seulement 80 000 arriveraient à introduire ce premier dossier auprès d’un certificateur.

Plus récemment, un rapport produit par le CREFOR[3] présente, à la dimension de la Haute-Normandie, les chiffres caractéristiques des abandons de projets entre la phase d’information-conseil et le passage devant le jury. Ainsi, entre 2008 et 2013, sur 10 646 personnes s’étant présentées dans un Point Relais Conseil (PRC), seulement 1 709, soit 16,4%, ont pu introduire leur dossier de recevabilité pour un diplôme. On enregistrerait ainsi une perte de plus de 80% du public intéressé au départ par la démarche.

Au-delà du peu d’intérêt que la VAE a pu présenter pour certaines personnes à l’issue de la séance d’information, d’autres facteurs peuvent expliquer cette situation. On peut, à ce propos, évoquer le sentiment de solitude du candidat face à un inconnu dont il prend conscience du caractère confus, parfois à l’issue de réunions pourtant destinées à le rassurer, du moins l’éclairer sur le chemin à parcourir.

En conséquence, il y a lieu de se demander si, inscrire l’information-conseil dans une véritable logique d’accompagnement, ne permettrait pas de réduire le taux d’abandon. Accueillir le candidat, l’informer sur le dispositif et réaliser avec lui un diagnostic sur les conditions de faisabilité de son projet, présente des avantages à plusieurs égards. Ainsi, hormis l’information qui lui est apportée, l’accompagnement offre au candidat l’opportunité d’une vision claire et réaliste sur son projet, avec le ciblage du diplôme et du certificateur adéquats, ainsi que l’évaluation de ses chances de réussite, rendant le projet plus concret. Sa motivation et sa disponibilité sont également évaluées.

La recevabilité : une étape déterminante aux enjeux multiples

La seconde étape, celle de la préparation du dossier de recevabilité, présente également un enjeu fort pour le candidat, puisque la poursuite du parcours dépend de la décision du certificateur. Le sentiment de solitude est ici à la mesure de la délicatesse du travail à effectuer pour la préparation des éléments du dossier. Et cela tient à la nature-même de cet exercice. En effet, au-delà de toute apparence, l’évaluation de la recevabilité couvre les dimensions tant administratives que pédagogiques.

Or, les procédures et les exigences sur la forme et le fond du dossier de recevabilité varient d’un certificateur à l’autre, ce qui complique davantage la tâche pour le candidat. Ce dernier doit en effet identifier à chaque fois les attentes spécifiques du certificateur et s’y conformer. Certains organismes (universités, écoles, etc.) prévoient par ailleurs, en plus du dossier de recevabilité, des entretiens entre responsables pédagogiques et candidats.

Pour le candidat, il ne s’agit donc pas de prouver sa recevabilité du seul point de vue administratif, c’est-à-dire la satisfaction du critère de trois années d’expériences en rapport avec le contenu du diplôme, mais d’aller au-delà, en montrant l’adéquation précise entre ses expériences et le diplôme visé. Aussi, préparer seul son dossier expose le candidat à un risque de non recevabilité, si cette adéquation n’est pas suffisamment démontrée. Si tant est que le candidat ne se décourage pas en cours de route, comme pour 60% d’entre eux.

On mesure ici l’importance du travail de mise en concordance qu’il est nécessaire d’effectuer entre le référentiel et le parcours du candidat. Cela suppose une analyse approfondie du parcours, débouchant sur l’identification et la formalisation des expériences, de façon à permettre au certificateur de « retrouver son diplôme » à travers le dossier. Un tel exercice requiert une étude rigoureuse du référentiel, axée sur les compétences attendues et les unités d’enseignement.

Tout l’enjeu réside dans la capacité du candidat à cerner le diplôme dans sa double dimension de connaissances acquises et de compétences développées (ou censées l’être) à l’issue de la formation, et à les mettre en relation avec son propre vécu. Le même exercice est requis par exemple pour la rédaction de la lettre de motivation, demandée par certains certificateurs, et qui nécessite l’établissement d’une cohérence entre expériences, compétences développées, référentiel du diplôme et perspectives professionnelles du candidat.

Face à ces enjeux, il s’agit pour l’accompagnant d’amener le candidat à observer une nécessaire distanciation par rapport au registre prescriptif de la fiche de poste, pour exposer les activités telles qu’il les a réellement exécutées. Ses compétences en conduite d’entretiens d’explicitation sont alors sollicitées, ainsi que sa capacité à aider le candidat à identifier les termes les plus pertinents pour décrire ses expériences et mettre en évidence leur adéquation avec le diplôme visé. Et l’exercice serait biaisé si mise en évidence est confondue avec identification terme par terme (UE par UE) avec les éléments du référentiel.

En conséquence, plus encore qu’à l’étape d’information et de diagnostic, l’accompagnement paraît nécessaire voire déterminant pour monter un dossier de recevabilité pertinent et convaincant pour le certificateur. Au-delà de la qualité du dossier, c’est cet accompagnement qui permet de limiter les abandons à ce stade, de par la présence active du consultant auprès du candidat.

Par ailleurs, la grande diversité des diplômes et l’hétérogénéité des pratiques des certificateurs, dont nous avons fait mention plus haut, légitiment la nécessité d’un accompagnement indépendant, destiné notamment à identifier ceux qui seraient les plus adaptés au profil du candidat.

La délimitation du périmètre de l’accompagnement : un déni de la réalité?

Les activités menées en amont de la recevabilité, avec l’accompagnement d’un consultant, s’inscrivent dans une logique pédagogique d’ensemble qui ne saurait être éludée. En effet, que ce soit lors du diagnostic ou du montage du dossier de recevabilité, un processus d’apprentissage est amorcé par le candidat à deux niveaux : la connaissance du diplôme et la réappropriation de son vécu. Ces activités lui permettent de s’inscrire dans « l’esprit VAE », le préparant ainsi à aborder les autres étapes du parcours sur une base solide.

La délimitation du périmètre de l’accompagnement à la VAE paraît, de ce fait, en contradiction avec cette logique de progression pédagogique, tout comme elle semble en déphasage avec la réalité des pratiques. Certains organismes paritaires ou publics financent en effet les prestations d’accompagnement réalisées en amont de la recevabilité, notamment le diagnostic et la préparation du dossier de recevabilité.

À ce propos, le cas des « Actions d’accompagnement renforcé à la VAE » mérite d’être évoqué. Initiées par les Unités Territoriales 75 et 92 de la DIRECCTE, ces actions visent à favoriser l’accès à la certification pour les demandeurs d’emploi sur ces deux départements. Celles-ci s’appuient sur une conception de la démarche VAE en trois étapes :

  • le pré-accompagnement en amont de la recevabilité de la demande,
  • l’accompagnement à l’issue de la recevabilité,
  • et l’accompagnement post jury.

Selon la DIRECCTE, la phase dite de pré-accompagnement « devra permettre au bénéficiaire d’être accompagné dans les démarches : préparation des preuves, prise de connaissance des référentiels correspondant à la certification visée, mise en correspondance des savoirs en action et des référentiels, de reconstituer et d’analyser sa trajectoire professionnelle, d’élaborer un CV détaillé, une lettre de  motivation, et de prendre connaissance du dossier de recevabilité à remplir : explications et conseils méthodologiques ».

Cette vision est également partagée par certains organismes paritaires collecteurs agréés (OPCA) qui financement le processus dans sa totalité.

Dans la même logique, se basant sur les résultats de l’évaluation du Contrat d’Objectifs et de Moyens entre l’État et la Région Bretagne, Nathalie Beaupère et Gérard Podevin[4] diagnostiquent un manque de continuité dans l’accompagnement proposé aux candidats à la VAE. Pour eux, le candidat est certes « informé, conseillé, puis accompagné, mais sans réelle continuité ; il se retrouve parfois seul à l’heure de la rédaction finale de son dossier et du passage devant le jury ». Ils mentionnent en outre les conséquences de cette segmentation en termes d’abandons. Aussi recommandent-il que le parcours VAE soit « appréhendé d’une façon plus large en incluant notamment l’information et le conseil préalable au choix d’une certification, l’apprentissage par les candidats de la capacité à expliciter et rédiger les compétences et savoir-faire mis en œuvre dans les situations de travail, et enfin la période post-jury ».

Une remarque s’impose cependant : l’importance du diagnostic, comprenant l’évaluation de la faisabilité du projet du candidat, sa motivation et sa disponibilité, n’est pas suffisamment soulignée par les deux auteurs. Or, comme évoqué précédemment, au-delà de l’information et de l’orientation, ce premier travail constitue la clé de voûte de la réussite du projet de VAE, puisqu’il pose les bases pour les autres étapes du processus.

En conclusion, exclure le diagnostic et la préparation de la recevabilité du périmètre couvert par l’accompagnement à la VAE revient à en minimiser l’importance et les enjeux. La hausse du taux d’abandon au cours de ces phases pourrait en être l’une des conséquences. La catégorie des demandeurs d’emploi serait d’ailleurs la plus affectée dans la mesure où, contrairement à Pôle Emploi et aux Conseils Régionaux par exemple, certains OPCA et entreprises financent des prestations d’accompagnement total pour leurs salariés et adhérents. Ce serait là l’effet pervers d’un dispositif censé au départ sécuriser les parcours et promouvoir l’insertion professionnelle.

Nous pouvons également relever, sous forme d’hypothèses, des conséquences pour certains acteurs de la VAE. Les organismes publics d’information et d’orientation verraient leur rôle renforcé, et seraient amenés à axer davantage leur travail sur le diagnostic. Cela suppose, outre des compétences techniques, une bonne connaissance des certificateurs et de leurs diplômes, ainsi qu’une capacité de veille sur les retours des jurys de VAE afin de guider efficacement les candidats dans leurs choix. On peut alors s’interroger sur leur réelle capacité à assurer seuls ce service très personnalisé.

Les organismes certificateurs, surtout les universités dont les services de formation continue proposent des prestations d’accompagnement, pourraient être légitimés dans ce rôle. Le projet de décret ouvre en effet la possibilité aux OPCA de financer des accompagnements modulables en fonction des besoins des candidats, en accord avec les certificateurs[5]. Il serait alors à craindre un positionnement de ces certificateurs à la fois comme juge et partie, accompagnant les candidats pour la rédaction de dossiers de VAE qu’ils évaluent ensuite.

Enfin, le périmètre d’intervention des prestataires privés dans le dispositif de VAE pourrait se trouver réduit par ces dispositions. Cela conduirait à se demander si, à travers ce projet de décret, on n’amorcerait pas un processus de construction d’un monopole public autour de la VAE.

Notre analyse sur le périmètre de l’accompagnement à la VAE ouvre une perspective plus large, celle des conditions d’une complémentarité de rôles entre les acteurs. Dans la mesure où cela paraît être le passage obligé pour assurer le bon fonctionnement du dispositif de validation des acquis de l’expérience, la réflexion mérite d’être approfondie.

 

Jules APENUVOR

VAE Les 2 Rives

[1] La circulaire DGEFP n° 2006-19 du 20 juin 2006 porte sur les compétences de l’État et des régions dans le domaine de la validation des acquis de l’expérience. La section intitulée « Assistance et accompagnement » suggère une différenciation entre l’information conseil en amont de la recevabilité et l’accompagnement à proprement parler, qui débute à partir de la recevabilité jusqu’au jury et au suivi post-jury. Elle stipule en outre que « l’accompagnement a pour objectif de fournir au candidat à la VAE une aide méthodologique pour constituer son dossier de preuves et/ou, le cas échéant, préparer la mise en situation professionnelle ainsi que l’entretien avec le jury. Cette étape est facultative, elle intervient lorsque les demandes des personnes ont été déclarées recevables par l’autorité certificative concernée. Elle peut être réalisée en interne par les certificateurs ou en externe par des prestataires privés ». Bien que reconnaissant les acteurs privés comme prestataires d’accompagnement à la VAE, cette circulaire limite cependant leurs champs d’intervention à partir de la phase post-recevabilité.

[2] Éric Besson, Valoriser l’acquis de l’expérience : une évaluation du dispositif de VAE, Rapport au Premier ministre, septembre 2008.

[3] Pierre Leclerc, « Les parcours VAE en Haute-Normandie », Repères Emploi Formation, Hors-Série, n°21, juillet 2014.

[4] Nathalie Beaupère et Gérard Podevin, « Pour un accompagnement global des parcours de VAE », Bref du Céreq, n°302, novembre 2012, p. 2.

[5] L’article R.6423-3 du projet de décret précise qu’« en fonction des besoins du candidat déterminés, le cas échéant, avec l’autorité ou l’organisme délivrant la certification ciblée, l’accompagnement à la validation des acquis de l’expérience peut comprendre des services modulables sous réserve des règles de prise en charge définies par les organismes paritaires agréés et les organismes collecteurs paritaires agréés compétents, les régions ou l’institution mentionnée à l’article L.5312 du code du travail ».